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Planification successorale internationale selon le droit thaïlandais des successions

Last will and testament document illustrating estate planning under Thai inheritance law for foreign investors and expatriates in Thailand.

Table des matières

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Résumé : Le régime successoral thaïlandais s’applique à tous les biens situés en Thaïlande, sans considération de la nationalité du défunt. À défaut de testament valide, la dévolution successorale est déterminée par le Code civil et commercial thaïlandais, qui établit l’ordre des héritiers légaux.

Pour les étrangers détenant des actifs en Thaïlande, tels que des biens immobiliers, des parts sociales ou des comptes bancaires, s’appuyer uniquement sur un testament étranger peut engendrer des contretemps, notamment en raison des formalités de traduction et de légalisation. La rédaction d’un testament distinct en Thaïlande, limité aux biens locaux, permet généralement de faciliter et d’accélérer le règlement de la succession.

En outre, des droits de succession peuvent être dus lorsque la valeur des actifs transmis dépasse 100 millions de THB, avec une imposition de 5 % pour les descendants directs et de 10 % pour les autres bénéficiaires. Une planification successorale anticipée permet ainsi de réduire les contraintes administratives et d’optimiser la transmission du patrimoine.

Introduction

Le droit thaïlandais des successions présente une importance particulière pour les ressortissants étrangers qui résident en Thaïlande, y possèdent des biens, y exploitent des entreprises ou y détiennent des intérêts financiers.

Pour de nombreux expatriés et investisseurs internationaux, la Thaïlande est devenue un lieu de résidence durable ; au fil du temps, ils y ont réalisé des investissements immobiliers significatifs, créé des entreprises et constitué un patrimoine personnel et professionnel.

Toutefois, la situation se complexifie lorsqu’ils détiennent des actifs à la fois en Thaïlande et à l’étranger, notamment dans leur pays d’origine. Dès lors que le patrimoine est réparti entre plusieurs juridictions, la planification successorale devient plus délicate. Chaque pays applique ses propres règles en matière de propriété, de succession et de procédures d’homologation. En l’absence d’une stratégie claire intégrant l’ensemble des cadres juridiques applicables, les familles peuvent être confrontées à des retards, des contraintes administratives et des coûts juridiques supplémentaires lors du règlement de la succession.

Pour les chefs d’entreprise étrangers, les investisseurs et les résidents de longue durée en Thaïlande, la planification successorale, au regard du droit thaïlandais, constitue ainsi une étape essentielle pour protéger les intérêts familiaux et assurer la pérennité financière.

Ce guide expose la manière dont le droit thaïlandais des successions s’applique aux étrangers détenant des actifs en Thaïlande et met en lumière les principaux éléments à considérer dans le cadre d’une planification successorale transfrontalière. Une compréhension préalable de ces règles permet de limiter les complications et de faciliter une transmission efficace du patrimoine aux bénéficiaires désignés.

Points clés

  • Le droit thaïlandais des successions s’applique à l’ensemble des biens situés en Thaïlande, indépendamment de la nationalité de leur propriétaire.
  • En l’absence de testament valide, la répartition de la succession est déterminée par le Code civil et commercial thaïlandais, qui désigne les héritiers légaux.
  • Sans testament, le défunt perd tout contrôle sur la distribution de ses biens, lesquels peuvent être attribués aux héritiers légaux tels que parents, frères et sœurs ou enfants issus d’autres unions plutôt qu’aux personnes qu’il souhaitait privilégier.
  • Les testaments rédigés à l’étranger ne sont pas automatiquement reconnus en Thaïlande. Leur utilisation pour des biens situés dans le pays peut entraîner des coûts additionnels, des exigences de traduction et de légalisation, ainsi qu’un retard important dans le processus de règlement de la succession.
  • Les actions d’une société thaïlandaise sont considérées comme des actifs situés en Thaïlande. En l’absence de dispositions testamentaires, elles peuvent être transmises à des héritiers ne disposant ni des compétences ni de l’intérêt nécessaires à la gestion de l’entreprise.
  • Des droits de succession s’appliquent lorsque la valeur des actifs transmis excède 100 millions de THB, avec un taux de 5 % pour les descendants directs et de 10 % pour les autres bénéficiaires. Une planification anticipée permet de réduire les contraintes administratives et la charge financière pour les héritiers.

Comprendre les principes fondamentaux du droit successoral thaïlandais

Le droit des successions en Thaïlande est régi par le Code civil et commercial, qui encadre les modalités de répartition des biens d’une personne décédée. En l’absence de testament valide, les règles de la succession « ab intestat » prévues par ce code déterminent l’ordre de priorité des héritiers légaux. 

En vertu de l’article 1629 du Code civil et commercial thaïlandais, six catégories d’héritiers légaux sont reconnues, classées par ordre de priorité :

  1. Descendants (enfants, petits-enfants, etc.)
  2. Parents
  3. Frères et sœurs de sang
  4. Frères et sœurs de sang-mêlé
  5. Grands-parents
  6. Oncles et tantes

L’article 1630 précise les modalités de répartition de la succession entre ces différentes catégories. 

La transmission des biens s’effectue selon une hiérarchie stricte : la succession revient en priorité à la catégorie d’héritiers la plus élevée. Ainsi, en présence d’héritiers dans une catégorie prioritaire (par exemple les enfants ou le conjoint), les catégories suivantes ne sont pas appelées à hériter. 

En l’absence d’héritiers dans une catégorie donnée, la succession est transmise à la catégorie suivante. Les héritiers des catégories inférieures ne peuvent hériter que s’il n’existe aucun héritier dans les catégories supérieures. Par exemple, si le défunt laisse des enfants, ses petits-enfants appartenant à une catégorie inférieure n’hériteront pas, sauf si les enfants sont décédés ou non représentés.

Une exception s’applique lorsqu’il existe à la fois des descendants (tels que des enfants ou petits-enfants) et au moins un parent survivant du défunt. Dans ce cas, les parents bénéficient d’un droit particulier leur permettant d’hériter conjointement avec les descendants, chaque parent recevant une part équivalente à celle d’un enfant.

Le conjoint survivant est également reconnu comme héritier légal. Toutefois, ses droits varient en fonction de la présence et de la catégorie des autres héritiers. Il convient de noter que le conjoint n’est pas nécessairement bénéficiaire de l’intégralité de la succession, la loi prévoyant un partage avec les enfants survivants.

Une fois les héritiers légaux identifiés, la répartition de la succession s’effectue selon les règles suivantes :

  • En présence d'enfants survivants, le conjoint reçoit 50 % de la succession, le reste étant réparti entre les enfants.
  • S'il n'y a pas de descendants, mais que les parents du défunt sont en vie, le conjoint hérite également de 50 %, l'autre moitié revenant aux parents.
  • Si seuls des frères et sœurs ou des parents plus éloignés survivent, le conjoint peut recevoir une part plus importante.

À noter que si aucun héritier légal n'existe en Thaïlande, l'intégralité de la succession revient à l'État.

Lire plus :

Lois thaïlandaises sur la succession : rédiger un testament

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Application du droit thaïlandais des successions aux ressortissants étrangers et à leurs biens

Une idée reçue fréquente chez les résidents étrangers consiste à penser que le droit thaïlandais des successions ne concerne que les ressortissants thaïlandais. En réalité, ce droit s’applique principalement aux biens situés en Thaïlande, indépendamment de la nationalité de leur propriétaire.

Dans les situations impliquant des actifs répartis entre plusieurs pays, les juridictions thaïlandaises prennent généralement en considération la nature et la localisation des biens afin de déterminer le droit applicable.

Biens immobiliers

Les biens tels que les terrains, les bâtiments ou les unités en copropriété sont qualifiés de biens immobiliers. À ce titre, leur transmission à la suite d’un décès doit, en principe, respecter les procédures thaïlandaises d’homologation ainsi que les formalités d’enregistrement auprès du Département foncier.

Pour les propriétaires étrangers, il est fortement recommandé de mettre en place une planification successorale claire, incluant un testament conforme au droit thaïlandais et couvrant spécifiquement ces actifs. Cette précaution est d’autant plus essentielle lorsque les biens immobiliers sont détenus par l’intermédiaire de structures sociétaires impliquant d’autres actionnaires. À défaut de dispositions adaptées, les droits de propriété peuvent être fragilisés, voire rendre difficile, pour les héritiers, la revendication ou le transfert des biens.

Biens mobiliers

Les biens mobiliers comprennent notamment les dépôts bancaires, les véhicules, les titres ainsi que divers effets personnels. Dans certaines situations, le droit du pays d’origine du défunt peut influencer leur traitement. Toutefois, en pratique, il est souvent difficile de se fonder exclusivement sur des documents juridiques étrangers. Les autorités thaïlandaises peuvent exiger la production de pièces justificatives, telles que les livrets bancaires originaux ou, à défaut, des copies accompagnées de traductions certifiées et de formalités de reconnaissance légale, avant d’autoriser le transfert des actifs.

Actions de société et participations commerciales

Pour les investisseurs et entrepreneurs étrangers, les participations dans des sociétés constituent un élément essentiel de la planification successorale. Les actions d’une société thaïlandaise sont considérées comme des actifs situés en Thaïlande. En l’absence d’une organisation successorale clairement définie, ces actions peuvent être temporairement bloquées jusqu’à l’achèvement des procédures d’homologation.

Durant cette période, la société peut faire face à des contraintes administratives, notamment si l’actionnaire décédé occupait un rôle déterminant dans la gouvernance ou le contrôle de l’entreprise.

Par ailleurs, pour un étranger détenant une société en Thaïlande, il est fortement recommandé de disposer d’un testament valide. À défaut, et notamment lorsque l’entreprise est détenue avec un conjoint ou partenaire thaïlandais, les actifs peuvent être soumis aux règles successorales thaïlandaises. Dans ce contexte, les parts sociales du défunt pourraient être transmises à ses héritiers légaux, tels que ses parents ou ses enfants, ce qui peut ne pas correspondre à ses intentions initiales.

Cette situation pose problème, car les héritiers légaux peuvent ne pas posséder les compétences ou l'expérience requises pour gérer l'entreprise de manière efficace, ce qui peut entraîner une mauvaise gestion ou des perturbations opérationnelles. 

En outre, si les héritiers du défunt ne partagent pas les intérêts du conjoint ou du partenaire survivant, des conflits peuvent survenir quant au contrôle de l’entreprise. Une telle situation est susceptible de compromettre la continuité des activités ainsi que la stabilité financière de la société, avec des répercussions potentielles sur les employés et les autres parties prenantes.

La transmission des actions conférant le contrôle d’une société thaïlandaise peut également s’avérer complexe. En effet, ces actions ne sont pas automatiquement transférées aux héritiers d’un actionnaire décédé. La société doit procéder à l’enregistrement officiel du nouvel actionnaire, et les héritiers peuvent être tenus de se conformer aux procédures internes de gouvernance afin d’exercer leurs droits.

Par ailleurs, une stratégie de planification successorale consiste à structurer la détention des actions via une société holding offshore, notamment dans une juridiction telle que Hong Kong. Dans ce schéma, l’investisseur étranger détient les actions de la holding, laquelle possède elle-même les actions de la société opérationnelle en Thaïlande. En cas de décès, les questions successorales sont alors traitées au niveau de la holding, conformément au droit applicable à cette juridiction, plutôt que directement en Thaïlande. Cette approche peut offrir une meilleure sécurité juridique, une plus grande prévisibilité ainsi qu’une flexibilité accrue dans le transfert des actifs entre héritiers, tout en assurant la continuité du contrôle de l’entreprise thaïlandaise.

Quelles sont les conséquences de la législation thaïlandaise sur la succession pour les étrangers ?

Décéder en Thaïlande sans testament valablement rédigé peut avoir des répercussions importantes sur la répartition des biens du défunt. L’absence de testament peut influencer de manière significative l’identité des bénéficiaires, la part qui leur revient ainsi que le moment où ils en prendront possession. 

En l’absence d’un testament valide, les biens du défunt peuvent être confrontés aux problématiques suivantes :

Droits successoraux

En vertu du droit thaïlandais, les étrangers peuvent hériter de biens immobiliers en Thaïlande s’ils sont désignés comme héritiers légaux. Lorsque le bien concerné est un appartement situé dans une copropriété respectant le quota de propriété étrangère, cela ne pose généralement pas de difficulté. En revanche, si le bien est un terrain, l’héritier étranger est soumis à des restrictions en matière de propriété foncière.

En Thaïlande, les étrangers ne peuvent pas détenir directement un terrain hérité, y compris d’un conjoint thaïlandais, sauf dans des cas spécifiques prévus par la loi. Une autorisation du ministre de l’Intérieur est alors requise pour procéder à l’enregistrement de la propriété. 

En pratique, un étranger peut hériter d’un terrain, mais il est tenu de le vendre dans un délai d’un an. À défaut de vente dans ce délai, le Département des terres peut procéder à la cession du bien, notamment par voie d’enchères publiques, pour le compte de l’héritier.

Conflits potentiels

Les étrangers peuvent rencontrer des difficultés si leur structure familiale ne correspond pas aux règles de succession thaïlandaises. Par exemple, des complications peuvent survenir en cas d’enfants issus de relations différentes ou si le conjoint n’est pas légalement reconnu en Thaïlande, ce qui peut entraîner des litiges sur les droits de succession.

Absence de contrôle

Sans testament, les étrangers n’ont pas la maîtrise de la répartition de leurs biens. Cela peut entraîner l’héritage par des proches non souhaités, tandis que des personnes chères, comme les enfants du conjoint ou les partenaires non mariés, risquent d’être totalement exclues en l’absence de reconnaissance légale en Thaïlande.

Procédure d’homologation

La succession doit faire l’objet d’une procédure d’homologation en Thaïlande, laquelle peut s’avérer complexe et longue en l’absence de directives claires laissées par le défunt. Cette procédure implique notamment l’établissement de la qualité d’héritier, ce qui peut entraîner des retards dans la distribution des actifs.

Principaux défis de la planification successorale transfrontalière

La gestion d’une succession comportant des actifs répartis dans plusieurs pays soulève des enjeux juridiques concrets. Lorsque les biens sont situés en Thaïlande alors que les héritiers ou les membres de la famille résident à l’étranger, plusieurs systèmes juridiques, procédures successorales et exigences administratives peuvent s’appliquer simultanément, générant ainsi des situations de conflit de lois

Beaucoup supposent qu’un testament établi dans leur pays d’origine s’applique automatiquement à l’ensemble de leurs actifs à l’échelle mondiale. En pratique, cela n’est pas toujours le cas. Les autorités thaïlandaises peuvent exiger des documents spécifiques ou l’engagement de procédures judiciaires locales avant d’autoriser le transfert de certains biens, en particulier les biens immobilierstels que les appartements en copropriété ou les terrains.

D’autres difficultés peuvent également se présenter pour les ressortissants étrangers détenant des actifs en Thaïlande.

Retards dans l’homologation entre juridictions

Lorsqu’un testament est homologué dans un autre pays, la procédure peut s’étendre sur plusieurs mois, voire davantage selon la juridiction concernée. Durant cette période, les actifs situés en Thaïlande, notamment les comptes bancaires ou les placements, peuvent demeurer bloqués jusqu’à ce que les documents juridiques nécessaires soient reconnus par les autorités locales.

Légalisation et traduction des documents

Les décisions successorales, testaments et pièces justificatives établis à l’étranger doivent généralement suivre plusieurs étapes avant d’être reconnus en Thaïlande. Cela inclut notamment une certification notariale, une légalisation auprès de l’ambassade ou du consulat compétent, ainsi que des traductions certifiées en langue thaïe, préalables à leur dépôt auprès des juridictions ou des autorités administratives locales.

Difficultés pratiques pour les exécuteurs testamentaires étrangers

Les exécuteurs testamentaires désignés dans un testament étranger peuvent rencontrer des difficultés opérationnelles dans la gestion des actifs situés en Thaïlande. Les comparutions devant les tribunaux, le dépôt de documents et la coordination avec les autorités locales peuvent s’avérer complexes à distance, en particulier lorsque les procédures doivent être accomplies physiquement sur le territoire. 

Un testament étranger rédigé dans un autre pays est-il valable en Thaïlande ?

La reconnaissance en Thaïlande d’un testament établi à l’étranger dépend de plusieurs éléments, notamment du droit applicable dans le pays de signature, des exigences du droit thaïlandais des successions, ainsi que de la situation juridique du défunt au moment de son décès.

Dans de nombreux cas, un testament établi conformément au droit du pays dans lequel il a été signé peut être reconnu par les tribunaux thaïlandais, à condition qu’il ne contrevienne pas aux exigences du droit thaïlandais. Toutefois, pour les étrangers résidant en Thaïlande, la procédure d’homologation peut s’avérer plus complexe lorsque ce testament étranger concerne des biens situés sur le territoire thaïlandais.

C’est pourquoi il est vivement recommandé aux résidents et investisseurs étrangers disposant d’actifs en Thaïlande d’établir un testament distinct conforme au droit thaïlandais, couvrant spécifiquement leurs biens locaux. Un tel document permet généralement de simplifier les démarches d’homologation, de limiter les risques de conflit entre systèmes juridiques et d’assurer une transmission des actifs conforme aux volontés du testateur, dans le respect du droit thaïlandais des successions.

Comment faire valider un testament étranger en Thaïlande ?

Pour qu’un testament étranger soit reconnu et exécutoire en Thaïlande, plusieurs démarches peuvent être nécessaires :

  1. Traduction : le testament peut devoir être traduit en thaï par un traducteur agréé.
  2. Authentification : Le testament étranger peut devoir être authentifié par les autorités compétentes du pays où il a été rédigé et par les autorités thaïlandaises.
  3. Procédure d’homologation : une procédure judiciaire en Thaïlande peut être nécessaire afin de faire reconnaître et exécuter le testament. Celle-ci consiste à soumettre le document aux tribunaux thaïlandais afin d’obtenir une décision confirmant sa validité et autorisant l’exécuteur testamentaire à agir.

Compte tenu de ces contraintes, les personnes détenant des actifs ou des intérêts commerciaux en Thaïlande ont intérêt à obtenir un accompagnement juridique afin d’évaluer l’application du droit thaïlandais des successions à leur situation et de s’assurer que leurs dispositions successorales sont adaptées aux actifs détenus localement.

Rédaction d’un testament valide en vertu du droit thaïlandais des successions

Il est fortement recommandé aux investisseurs étrangers détenant des actifs en Thaïlande de disposer d’un testament valide et exécutoire dans ce pays. Pour être reconnu en droit thaïlandais, un testament doit respecter les conditions suivantes :

  • Le testament doit être rédigé en langue thaïe. Une traduction dans une autre langue peut être fournie à titre informatif, mais seule la version thaïlandaise fera foi en cas de divergence et sera juridiquement exécutoire.
  • Le testateur doit signer le testament en présence de deux témoins, qui doivent également le signer.
    • Les témoins doivent être âgés d’au moins 20 ans et être en mesure de comprendre le contenu du testament.
  • Le testateur doit être en pleine capacité mentale au moment de la rédaction et ne doit pas avoir été soumis à une influence indue.
  • Le testament ne doit contenir aucune disposition contraire au droit thaïlandais.
  • Le document doit être daté et comporter une expression claire des volontés du testateur quant à la répartition de ses biens après son décès.

Éléments à inclure dans un testament thaïlandais

Lors de la rédaction d’un testament, il est recommandé d’y intégrer les informations et dispositions suivantes :

  1. Identification du testateur : le testament doit clairement mentionner le nom complet, l’adresse et la date de naissance du testateur.
  2. Désignation d’un exécuteur testamentaire : le document doit identifier la ou les personnes chargées de mettre en œuvre ses dispositions. Compte tenu des obligations pouvant nécessiter une présence en Thaïlande (notamment devant les tribunaux ou les autorités), il est recommandé de désigner une personne résidant localement.
  3. Répartition des biens : le testament doit exposer de manière précise les instructions relatives à la distribution du patrimoine, en incluant à la fois des dispositions spécifiques (biens identifiés) et générales (répartition du solde des actifs).
  4. Désignation des tuteurs : lorsque le testateur a des enfants mineurs ou dépendants, il est essentiel de prévoir la désignation d’un tuteur chargé de leur prise en charge en cas de décès des parents.
  5. Dispositions funéraires : le testament peut inclure des instructions relatives à l’organisation des funérailles, telles que le type de cérémonie, le lieu et la personne responsable de leur organisation.
  6. Pouvoirs de l’exécuteur testamentaire : il convient de préciser les pouvoirs conférés à l’exécuteur, notamment en matière de gestion des biens, de règlement des dettes et des obligations fiscales, ainsi que de distribution des actifs conformément aux volontés du testateur.
  7. Révocation : le testament doit indiquer expressément qu’il révoque tous les testaments et codicilles antérieurs.

Aspects fiscaux et financiers

En Thaïlande, les droits de succession constituent un impôt applicable aux héritiers recevant des biens d’une valeur supérieure à 100 millions de bahts (environ 3 millions de dollars américains). Institués par la loi sur les droits de succession de 2015 (B.E. 2558), ils s’inscrivent dans une politique visant à améliorer la redistribution des richesses et à renforcer les recettes publiques.

Cet impôt s’applique tant aux ressortissants thaïlandais qu’aux étrangers, ainsi qu’aux personnes morales constituées en vertu du droit thaïlandais. Le montant dû dépend notamment de la localisation des actifs et du statut du bénéficiaire, qu’il s’agisse de sa résidence ou de sa nationalité. 

Comment l’impôt sur les successions est-il calculé ?

Le calcul des droits de succession en Thaïlande débute par l’évaluation de la valeur totale des biens transmis afin de déterminer si elle dépasse le seuil de 100 millions de THB (environ 3 millions de USD). 

Les biens pris en compte dans cette évaluation comprennent notamment :

  • Les biens immobiliers
  • Les titres conformément à la loi sur les valeurs mobilières et les bourses
  • Les dépôts bancaires ou autres formes de richesse, lorsque l'héritier a le droit de les retirer d'un établissement financier ou de les réclamer à la personne qui détient le dépôt
  • Les véhicules immatriculés
  • Actifs financiers à prescrire par arrêté royal

En vertu de l'article 15 de la loi sur les droits de succession, la valeur des biens hérités est calculée sur la base de leur valeur marchande au moment de leur réception. 

Pour les biens immobiliers, l’évaluation repose sur la valeur officielle utilisée pour le calcul des droits d’enregistrement selon le Code foncier, après déduction des droits de tiers conformément aux règlements ministériels. Les biens immobiliers comprennent les terrains, les bâtiments, ainsi que tous les équipements fixes ou droits réels attachés au terrain, tels que définis par le Code civil et commercial.

Pour les titres cotés en Bourse de Thaïlande, leur valeur est déterminée sur la base du cours de clôture du marché à la date de réception de l’héritage.

Les évaluations précises doivent souvent être vérifiées par un expert-comptable en Thaïlande, notamment pour les successions comprenant des actions, des biens immobiliers ou des cryptomonnaies. 

Une fois la valeur de la succession calculée, la base imposable est déterminée en calculant la valeur nette de l'héritage. Pour ce faire, on déduit les dettes ou engagements restants de la valeur totale des biens hérités. 

Par exemple, si la valeur de la succession est de 150 millions de THB, les droits de succession en Thaïlande seraient calculés comme suit : 

Droits dus pour les descendants directs 

  1. Déterminer le montant imposable : Pour une succession de 150 millions de THB, le montant imposable au-delà du seuil d’exonération de 100 millions de THB est de 50 millions de THB.
  2. Identifier le taux d’imposition applicable : Pour les descendants directs du défunt, le taux d’imposition sur les droits de succession est de 5 %.
  3. Calculer les droits de succession dus : Dans ce cas, les droits de succession seraient de 2,5 millions de THB (5 % de 50 millions). 

Impôt dû pour les autres bénéficiaires

  1. Déterminer le montant imposable : Pour une succession de 150 millions de THB, le montant imposable au-delà du seuil d’exonération de 100 millions de THB est de 50 millions de THB.
  2. Identifier le taux d’imposition applicable : Pour les bénéficiaires autres que les descendants directs, le taux d’imposition sur les droits de succession est de 10 %.
  3. Calculer l’impôt sur les successions dû : Dans ce scénario, l’impôt sur les successions serait de 5 millions de THB (10 % de 50 millions). 

Une fois l'héritage reçu, les bénéficiaires sont tenus de remplir une déclaration de succession et de s'acquitter des droits de succession dus dans un délai de 150 jours.

Qui est concerné par l'impôt sur les successions ?

En vertu de l'article 11 de la loi sur les droits de succession, toutes les personnes de nationalité thaïlandaise, quel que soit leur lieu de résidence, sont assujetties aux droits de succession. Les droits de succession s'appliquent également aux cas suivants :

Résidents étrangers en Thaïlande

Les ressortissants étrangers disposant d’une résidence légale en Thaïlande, telle que définie par la loi thaïlandaise sur l’immigration, sont également soumis aux droits de succession sur les biens qu’ils héritent.

Bénéficiaires étrangers d’actifs situés en Thaïlande

Même si un bénéficiaire ne réside pas en Thaïlande, il reste redevable de l’impôt sur les successions si les biens hérités se trouvent sur le territoire thaïlandais.

Personnes morales

Les personnes morales enregistrées ou constituées en vertu du droit thaïlandais sont également soumises à l'impôt sur les successions en Thaïlande. De plus, toute personne morale dont les actionnaires thaïlandais détiennent plus de 50 % du capital social souscrit et libéré est assujettie à l'impôt lorsqu'elle reçoit des biens hérités.

Lire plus :

L'impôt sur les successions en Thaïlande : guide d'expert 2026

Erreurs courantes dans la planification successorale transfrontalière

Les dispositifs de planification successorale des ressortissants étrangers détenant des actifs en Thaïlande présentent souvent des lacunes récurrentes. Ces situations peuvent engendrer des complications inutiles pour les proches au moment du transfert ou de la gestion du patrimoine.

S’appuyer exclusivement sur un testament étranger

De nombreuses personnes supposent qu’un testament établi dans leur pays d’origine s’applique automatiquement à l’ensemble de leurs actifs à l’échelle mondiale. Si cela peut être admis dans certaines juridictions, les biens situés en Thaïlande nécessitent fréquemment des procédures locales spécifiques. En l’absence de dispositions adaptées aux actifs thaïlandais, la procédure d’homologation peut devenir plus complexe et plus longue.

Manque de clarté concernant les documents importants

Il arrive que les membres de la famille ou les exécuteurs testamentaires ne sachent pas où sont conservés le testament original ou les documents justificatifs. Dans un contexte transfrontalier, la localisation de ces documents est essentielle, les juridictions et autorités exigeant généralement la présentation des originaux avant d’engager les procédures d’homologation.

Repousser la planification successorale

La planification successorale est souvent différée, car elle ne paraît pas prioritaire. Pourtant, dès lors que des actifs ou des intérêts commerciaux sont détenus dans une autre juridiction, une anticipation permet de réduire significativement les contraintes administratives pour les proches.

Organiser sa succession dans un contexte stable permet d’aborder la planification transfrontalière de manière plus structurée, cohérente et efficace.

Comment le soutien de conseillers professionnels renforce-t-il votre planification ?

La planification successorale transfrontalière ne se limite pas à la rédaction de documents juridiques. Elle implique également une gestion rigoureuse des données financières, une comptabilité précise et le respect des obligations réglementaires locales. Une bonne préparation des registres et des comptes facilite considérablement le travail des héritiers lors des procédures d’homologation et de répartition des actifs.

Lorsque le patrimoine comprend des sociétés thaïlandaises, des comptes bancaires ou d’autres actifs financiers, une documentation claire et complète constitue un élément essentiel d’une planification successorale efficace.

VB & Partners accompagne les investisseurs étrangers, les entrepreneurs et les expatriés dans la gestion des obligations comptables et réglementaires liées à leurs activités en Thaïlande. La tenue de registres financiers fiables, la préparation rigoureuse des comptes ainsi que la mise à jour régulière des documents administratifs de l’entreprise sont déterminantes lorsqu’il s’agit d’évaluer, d’examiner ou de transférer des actifs dans un contexte successoral.

Pour les dirigeants d’entreprise en particulier, une comptabilité bien structurée et une documentation d’entreprise correctement organisée permettent de réduire l’incertitude pour les héritiers et les administrateurs. Une information financière claire facilite les procédures d’homologation, simplifie les transferts de parts ou d’actions et garantit une meilleure transparence quant à la valeur et à la structure du patrimoine successoral.

Nos réflexions

Pour les investisseurs étrangers et les résidents de longue durée, la planification successorale doit être intégrée à leur stratégie financière globale en Thaïlande. Les efforts consacrés à la création d’une entreprise ou à l’acquisition d’actifs doivent s’accompagner de mesures visant à en assurer la transmission fluide aux héritiers.

En pratique, tout étranger résidant en Thaïlande ou y détenant des actifs devrait établir un testament conforme au droit thaïlandais. À défaut, le transfert de biens tels que des biens immobiliers, des participations sociales ou des comptes bancaires peut devenir complexe et particulièrement long pour les héritiers.

Lorsqu’un étranger détient des parts dans une société thaïlandaise, il peut également être pertinent d’envisager une structuration via une société holding étrangère, par exemple dans une juridiction telle que Hong Kong. Cette approche permet de traiter les questions successorales au niveau de la holding, conformément au droit étranger applicable, offrant ainsi davantage de prévisibilité et de flexibilité dans la transmission des actions.

Nous accompagnons régulièrement nos clients dans la rédaction de testaments conformes au droit thaïlandais et, lorsque cela est pertinent, dans la structuration de leurs participations via des sociétés holding dans le cadre de leur planification successorale.

Nos réflexions

Les étrangers ont-ils besoin d’un testament thaïlandais ?

Les ressortissants étrangers détenant des biens, des comptes bancaires ou des participations en Thaïlande sont fortement encouragés à établir un testament conforme au droit thaïlandais. Bien qu’un testament étranger puisse, dans certains cas, être reconnu, la procédure d’homologation est souvent plus complexe, notamment en raison des exigences de traduction, de légalisation et de validation par les juridictions locales. Un testament thaïlandais couvrant spécifiquement les actifs situés en Thaïlande permet généralement de faciliter et d’accélérer leur transmission aux héritiers.

Un testament étranger est-il valable en Thaïlande ?

Un testament établi à l’étranger peut être reconnu en Thaïlande s’il respecte les lois du pays dans lequel il a été signé et ne contrevient pas aux exigences du droit thaïlandais. Toutefois, il devra en principe être soumis aux procédures d’homologation en Thaïlande et peut nécessiter des traductions certifiées ainsi qu’une authentification. C’est pourquoi de nombreux résidents étrangers optent pour la rédaction d’un testament distinct dédié aux actifs situés en Thaïlande.

Que se passe-t-il en l’absence de testament en Thaïlande ?

Lorsqu’une personne décède sans testament valide, la succession est répartie conformément au droit thaïlandais, selon les catégories d’héritiers prévues par le Code civil et commercial, dans l’ordre suivant :

  1. Descendants (children and grandchildren)
  2. Parents
  3. Frères et sœurs de sang
  4. Frères et sœurs de sang-mêlé
  5. Grands-parents
  6. Oncles et tantes

Le conjoint survivant est également héritier et partage la succession avec les autres héritiers en fonction de la situation. En l’absence de testament, le défunt ne dispose d’aucun contrôle sur la répartition de son patrimoine.

Les étrangers peuvent-ils hériter de biens en Thaïlande ?

Les étrangers peuvent hériter de certains types de biens en Thaïlande. Les unités de copropriété, dans la limite du quota de propriété étrangère, peuvent généralement être transférées sans restriction aux héritiers étrangers.

En revanche, la propriété foncière est plus encadrée. Bien qu’un étranger puisse hériter d’un terrain, il est en principe tenu de s’en dessaisir dans un délai d’un an, sauf s’il bénéficie d’une dérogation prévue par la loi.

Combien de temps dure l’homologation en Thaïlande ?

La procédure d’homologation en Thaïlande dure généralement plusieurs mois. Ce délai peut toutefois varier en fonction de la complexité de la succession et de la qualité des documents fournis. Lorsque des actifs sont répartis dans plusieurs juridictions ou qu’un testament étranger doit être reconnu, la procédure peut être prolongée.

Y a-t-il des droits de succession en Thaïlande ?

La Thaïlande applique un impôt sur les successions lorsque la valeur des biens transmis dépasse 100 millions de THB. Les taux applicables sont les suivants :

  • 5 % pour les descendants directs (notamment les enfants)
  • 10 % pour les autres bénéficiaires

Les bénéficiaires sont tenus de déclarer les droits de succession et de s’acquitter de l’impôt dû dans un délai de 150 jours à compter de la réception de l’héritage.

Comment les propriétaires d’entreprises étrangères peuvent-ils protéger les parts de la société thaïlandaise dans une succession ?

Les actions d’une société thaïlandaise sont considérées comme des actifs situés en Thaïlande et peuvent être soumises à une procédure d’homologation avant leur transfert aux héritiers. Afin d’anticiper ces contraintes, certains investisseurs étrangers choisissent de structurer la détention des parts via une société holding offshore. Dans ce cas, la transmission successorale porte sur les actions de la holding, régies par un droit étranger, plutôt que directement sur les actions de la société thaïlandaise. Cette approche permet généralement de simplifier les démarches, d’améliorer la prévisibilité juridique et de faciliter le transfert des participations aux héritiers.

Clause de non-responsabilité

Veuillez noter que cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal.

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